Mignonnes, de Maïmouna Doucouré

Quinze an après la bataille, je suis finalement allée voir Mignonnes dont j’avais tellement entendu parler. Retour dans les sièges molletonnés des cinémas, masque en position sur le nez et la bouche, après cette période étrange de confinement. Bon, avant j’avais vu Tenet mais vraiment ça comptait pas. Je veux dire : Heeeeiiiiiin ?

J’avais lu de bonnes critiques, l’affiche – française – me plaisait beaucoup, et la polémique à la manque qui faisait rage outre-Atlantique a fini de me convaincre : je voulais voir Mignonnes.

Alors, plaira ? plaira pas ? Les paris sont ouverts.

Non, je rigole, y a zéro suspense, j’ai trouvé que c’était un super film, très juste, qui évite de nombreux écueils.

En sortant de la salle, ma première réaction a été de me demander WTF happened dans la têtes des gens qui accusent le film de faire le jeu de la pornographie infantile et du trafic d’êtres humains (ouais ils y allaient pas avec le dos de la cuiller). Qu’on se le dise tout de suite, Mignonnes est un film qui met mal à l’aise. Oui, on y voit des enfants apprendre à se mordre le doigt de manière suggestive, oui, il y a des gros plans de fesses en train de twerker, oui on nous montre une gamine paumée qui a assimilée que quand elle est acculée, son corps devient une ressource. Mais justement, on nous montre tout ça de manière crue, on nous en dégoûte, on pousse à l’extrême pour dénoncer : le film n’est jamais complaisant avec cette réalité – exagérée ? – qu’il dépeint.

Ces instants de malaise, d’inconfort, sont contrebalancés par ces moments de grâce qu’on a, enfant et pré-ado, quand on s’amuse avec ses copains et copines : les éclats de rire qui s’envolent des bouches grandes ouvertes, la liberté que l’on ressent en dansant, l’impression d’invulnérabilité quand on est un groupe dans la cour du collège et même les refuges que l’on trouve dans les recoins inaccessibles aux adultes. Mignonnes est une ode à l’enfance.

Ce film, c’est la tension constante entre deux injonctions qui, si elles ne s’expriment pas de la même manière, ne revêtent pas les mêmes atours, vont toutes les deux dans le même sens : faire grandir les petites filles. En faire des femmes à tout prix, quoi que ça puisse vouloir dire. Eplucher des oignons, faire des bébés ou remuer son cul pour avoir de l’attention. Objet sexuel, objet domestique, objet toujours. Comment peut-on reprocher à Mignonnes de ne pas être un film féministe ?

Les dynamiques des groupes d’ami.e.s quand on a 11 – 12 ans, tout le monde pourra s’y retrouver ; cette impression de fin du monde quand on s’en retrouve exclu.e ; l’engrenage dans lequel se retrouve prise Ami, la protagoniste ; sa psychologie… Tout est très juste, tout m’a touchée.

Il reste encore quelques séances alors si vous en avez l’occasion, courrez le voir !

Vous l’avez vu ? Qu’en avez-vous pensé ?


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