Judy, par Rupert Goold

Dès sa semaine de sortie, alors que l’académie des Césars célébrait un violeur tandis que de plus en plus d’actrices l’ouvrent pour dénoncer les travers et les abus de l’industrie du cinéma, j’ai couru voir Judy, un film du britannique Rupert Goold sur la légende (en vrai j’avoue je connaissais pas ses films, j’ai même pas vu le Magicien d’Oz) Judy Garland

Voici mon avis totalement, complètement, irrépressiblement subjectif, personnel et biaisé, que d’ailleurs personne ne m’a demandé, sur le-dit film. 

[Attention cet article contient quelques spoilers – légers. En même temps c’est un biopic pas un thriller donc deal with it nom de nom !]

En quelques mots, c’est un bon film qui, malgré des défauts, et grâce à la performance incroyable de Renée Zellweger, a réussi à m’emporter complètement – j’en étais toute bouleversée à la sortie. “Tire-larmes” selon mon amoureux, très émouvant selon moi, c’est un biopic qui ne révolutionne pas le genre mais qui a le mérite d’être bien fait et surtout de sonner juste. 

“la réal est propre”

Un futur prodige du cinema (mon amoureux)

Voilà, j’aurais pu m’arrêter là, mais je ne vais pas me contenter de quelques mots, vous ne me connaissez pas encore mes lapins.

Je commence par le plus évident, mais qu’il convient tout de même de rappeler et de saluer : la superbe performance de Renée Zellweger, récompensée d’un Oscar, d’un BAFTA (vous ne connaissez pas ? C’est normal, ce sont les Oscars british) et d’un Golden Globe. Elle signe ainsi un retour flamboyant au cinéma, 19 ans après son rôle emblématique dans Le journal de Bridget Jones  – qu’elle réussit d’ailleurs totalement à nous faire oublier. Un tour de force pour moi qui ne l’ai vue que dans ces films, et qui ai du les voir à peu près 1,5 millions de fois (on a tous notre passé en comédies romantiques, ok ?). 

Je salue au passage les costumes et surtout le maquillage qui sont vraiment bons – la ressemblance avec Judy Garland est parfois troublante. Le film était d’ailleurs nominé aux Oscars dans la catégorie du meilleur maquillage. 

Surtout, j’ai trouvé le personnage dépeint à l’écran – puisque je ne connais pas Judy Garland personnellement j’ai pris le parti de la traiter comme un personnage de fiction mais si vous avez des infos pour me contredire, n’hésitez pas – complexe, très juste et incroyablement touchant, oscillant entre une force de caractère qui se débat toujours sous la surface et une fragilité extrême. Certaines thématiques résonnent particulièrement en moi, ce qui a du aider à l’identification et l’empathie (la maternité et la façon dont elle se bat pour ses enfants, ses insécurités et sa peur de l’abandon…). Même si les ficelles de la fin sont plutôt grosses, les dernières répliques de Renée Zellweger m’ont émue aux larmes (je suis une petite chose fragile). 

Aux nombres des défauts du film évoqués au début de cet article, on compte un traitement un peu maladroit de certains arcs narratifs : je pense notamment à l’histoire d’amour (?) avec Mickey, son dernier mari. Dans le film les contours de leur relation sont assez flous (ça a commencé ? ah ok. C’est fini ? Comme ça ? – en fait il s’avère que non puisque dans la vraie vie Judy Garland finit sa vie aux côtés de Mickey qui, d’ailleurs, sera celui qui la trouvera après l’overdose qui lui aura été fatale). Floues c’est  également ce que l’on pourrait dire des motivations du personnage de Mickey vis-à-vis de Judy : entre pure admiration et désintéressement complet ou avec pour objectif d’intégrer des sphères qui ne lui étaient pas accessibles et pourquoi pas de se faire un peu de biff sur son dos au passage, le film ne prend pas suffisamment parti et le personnage n’est pas assez travaillé – comme le sont souvent les personnages secondaires dans les biopics malheureusement. 

Selon moi, là où le film a vraiment loupé le coche, cependant, c’est sur sa tentative de  démonstration des effets du rouleau-compresseur “Hollywood” sur Judy Garland. Quelques indices sont distillés ça et là, sur son enfance et adolescence artificielle en studio, les cachets et l’amaigrissement forcé mais c’est bien timide quand on sait que la MGM dopait la jeune Judy du haut de ses 13 ans aux amphétamines pour tenir le rythme des tournages puis l’assommait à coup de barbituriques pour qu’elle puisse enfin “dormir”. Je pense que cela aurait pu être mieux amené et la critique plus présente – et pertinente – si on nous avait présenté davantage que deux temporalités. 

En effet, le film fait des allers-retours entre la jeune Judy de 15 ans interprétant son rôle iconique de Dorothy et la légende sur le déclin Judy Garland, ne pouvant plus tourner aux Etats-Unis car jugée peu fiable (non, sans dec, la fille que vous avez rendue dépendante à la dope et à l’alcool, sans jamais se soucier de son bien-être, est maintenant une toxico peu fiable ? Ça c’est la tuile), lors de sa dernière tournée au Royaume-Uni, dernier bastion de ses fans, dans un espoir désespéré de se remettre sur les rails et de récupérer ses enfants. Si ces deux périodes de sa vie sont particulièrement emblématiques, Judy a été une adolescente, une jeune femme puis une femme entre celles-ci, et un aperçu de l’évolution de sa situation et de sa psyché aurait permis de pointer plus justement le rôle d’Hollywood dans son déclin. 

Si la situation s’est améliorée depuis – on espère que Renée Zellweger a été correctement traitée sur le tournage – les abus sont toujours fréquents et, surtout, l’industrie cinématographique continue de vendre l’image de ses actrices, les soumettant à des contraintes terribles quand un Leonardo rondouillard dans sa 46ème année tourne tranquillement sans se préoccuper de sa date de péremption. Il m’a semblé que le film tentait d’adresser cette question sans tout à fait y parvenir, ce qui est dommage. Ou alors c’est juste moi qui aurait aimé donner au film un propos qu’il n’entendait pas tenir ? Je sais plus. 

Un bon biopic donc, pas le film féministe révolutionnaire de l’année mais qui a le mérite de jeter un regard tendre sur la légende Hollywoodienne souvent regardée comme ayant fini sa vie en pathétique et méprisable toxicomane. Au passage : la toxicomanie et l’alcoolisme sont des maladies, il aurait été sympa que quelqu’un lui propose de l’aide un jour, au lieu de la faire trinquer au champagne, moi je dis ça, je dis rien. Un film touchant que je ne retournerai pas voir la semaine prochaine mais que je prendrai plaisir à redécouvrir d’ici quelques mois.

Vous avez vu Judy ? Qu’en avez-vous pensé ? J’ai hâte de vous lire !

à bientôt,

M.


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